Les médicaments sont indispensables et nous protègent… mais leur usage n’est pas anodin. Dans certains cas (mauvais dosage, traitements multiples…), leur consommation peut avoir des effets négatifs sur notre santé et entraîner des troubles : on parle alors de «iatrogénie médicamenteuse». Ce terme médical désigne les conséquences sur la santé d’un mauvais usage des médicaments.

Les personnes âgées sont particulièrement exposées à ce risque

Avec l’âge, des modifications physiologiques d’organes comme le foie et les reins peuvent perturber l’élimination des médicaments, tandis que la diminution des capacités cognitives rendra plus difficile le suivi de traitements complexes. Les personnes âgées souffrent souvent de plusieurs maladies chroniques et utilisent donc quotidiennement plusieurs médicaments. Cette polymédication s’accompagne d’un risque accru de prescriptions inappropriées, d’interactions entre les médicaments et d’effets indésirables. En moyenne, les personnes entre 75 et 84 ans consomment 4 médicaments par jour. La moitié des personnes de plus de 75 ans prennent au moins 5 médicaments durant 1 trimestre. Une utilisation de médicaments inappropriés a été retrouvée chez 53,5 % des patients de plus de 75 ans.

Un enjeu de santé publique

La iatrogénie médicamenteuse chez les personnes âgées représente, par le nombre important et croissant de sujets concernés et par ses conséquences, un véritable enjeu de santé publique. 5 875 312 de personnes sont âgées de plus de 75 ans en France (INSEE) et la iatrogénie médicamenteuse est responsable de 128 000 hospitalisations par an. 20 % des hospitalisations des patients de plus de 80 ans sont dues à la iatrogénie médicamenteuse.

Des causes connues, souvent évitables

Un nombre important des accidents iatrogéniques d’origine médicamenteuse survenant chez les personnes âgées sont évitables, jusqu’à 70% selon certaines études. Des moyens connus pourraient permettre de réduire sensiblement le risque iatrogénique médicamenteux chez les personnes âgées :
– sensibiliser les personnes âgées et leurs familles à dialoguer avec leur médecin, leur pharmacien
– améliorer l’observance des traitements
– adapter les doses
– réviser régulièrement l’ordonnance
– identifier l’ensemble des traitements consommés, quelles que soient leurs sources (prescriptions, automédication)
– détecter d’éventuelles interactions entre des médicaments
– détecter les prescriptions inappropriées
– alerter sur les interactions avec certains aliments
– reconnaitre les signaux d’alerte (une chute, des troubles de l’équilibre, un malaise, une diminution de l’appétit, des troubles digestifs, urinaires, des saignements…).

Ces moyens doivent mobiliser, autour des patients et de leurs familles, l’ensemble des acteurs de la chaîne du médicament : médecins généralistes, médecins spécialistes, pharmaciens, laboratoires pharmaceutiques.

Un livret de 8 pages « Le guide du bon usage des médicaments » est mis à la disposition des patients dans les salles d’attente et disponible également en téléchargement. Ce guide apporte une information pédagogique et ludique sur la iatrogénie médicamenteuse sous la forme de messages de prudence et d’alertes mais aussi de jeux tels que des vrais/faux et des « Quizz » et enfin de témoignages de patients, de médecins et de pharmaciens. En bonus : une fiche à découper et à garder précieusement « les 10 conseils pour éviter les accidents médicamenteux ».

 

Source : LEEM, les entreprises du médicament.
Crédit photo : LEEM.