L’hospitalisation à domicile (HAD) est depuis de nombreuses années un dossier qui fait la Une, souvent un effet d’annonce, fait moins parler, puis revient… Au grand dam, en tout premier lieu, des patients mais aussi des soignants et prestataires de ce type de soins. L’hospitalisation à domicile doit pour chacun être une alternative à l’hospitalisation classique. Quelles que soient les motivations pour cette formule, les freins sont encore importants partout en France. La ministre de la Santé, Marisol Touraine semble consciente de la situation et entend bien développer l’offre.

 » l’offre d’hospitalisation à domicile est encore trop limitée « 

Profitant de la 17ème journée nationale de l’hospitalisation à domicile, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a assuré que : « l’offre d’hospitalisation à domicile est encore trop limitée. Il nous revient aujourd’hui de la développer pour répondre à la demande croissante des malades et de leur famille.

Près de 105.000 patients ont bénéficié en 2012 d’une hospitalisation à domicile, avec un coût moyen de 196 euros par jour et une dépense annuelle équivalente à celle d’un centre hospitalier universitaire (CHU) comme celui de Nantes, soit 825 millions d’euros, selon la Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile (FNEHAD). Selon des chiffres avancés par le site l’Expansion en janvier 2013, les coûts d’un lit en hôpital varient de 167 à 320 euros par jour.

Doubler l’HAD dans les deux ans

Madame Touraine a affirmé qu’elle souhaitait doubler, d’ici à 2016, l’activité globale de ce type de soins. Une circulaire devrait être publiée très prochainement et présenter les principales mesures. Les contrats des établissements de santé intégreront des objectifs de recours à l’hospitalisation à domicile. L’Assurance Maladie aura à identifier les hospitalisations conventionnelles, à l’hôpital, qui auraient pu faire l’objet d’une hospitalisation à domicile.

Des attentes durables pour les acteurs de la filière

L’ancienne ministre de la Santé, Elisabeth Hubert, actuellement présidente la FNEHAD, se félicite de ces déclarations mais attend que les propos se transforment en actes concrets afin d’installer l’HAD durablement. Sa fédération réclame notamment la publication de la circulaire annoncée par Madame Touraine, entérinant la mise en place d’indicateurs pour les établissements hospitaliers et les Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées et dépendantes) afin d’apprécier leur taux de recours à l’HAD. « Nous ne prétendons pas tout faire, mais nous pouvons être un élément d’appui pour l’orientation, l’aiguillage du patient dans son parcours de soins« , a-t-elle également souligné, rappelant que chaque département disposait désormais d’au moins un établissement d’HAD.

L’hospitalisation à domicile est un concept né en 1945 aux Etats-Unis. Le premier établissement de ce type a été crée en 1957 en France, tandis que la FNEHAD a vu le jour il y a 40 ans, en 1973. Avec les problèmes de personnel dans les centres hospitaliers et le nombre croissant de personnes, en particulier les plus âgées, souffrant de pathologies permettant, si le patient le souhaite, d’être hospitalisé à domicile, les objectifs fixés par la circulaire pourraient être atteints.