La période de la ménopause et ses désagréments font l’objet depuis de nombreuses années d’une très large couverture médiatique. Outre l’information distillée, les femmes sont également des cibles marketing pour des produits pharmaceutiques de confort. A contrario, l’andropause reste un sujet plutôt absent voire méconnu du grand public. D’autant plus que les changements hormonaux liés à l’âge sont très différents entre les femmes et les hommes.

Personne n’y échappe, pourtant tout le monde n’est pas égal devant les bouleversements induits par les étapes appelées ménopause chez les femmes et andropause chez les hommes. En effet, cette période de transition entraine des réactions plus où moins intenses. Pour certaines personnes cela passe complètement inaperçu alors que pour d’autres les effets peuvent « gâcher » le quotidien !

Dès la quarantaine

Parfois qualifiée de « ménopause masculine », l’andropause en est pourtant éloignée. Certes, dès la quarantaine pour les plus précoces, plus généralement à partir de la cinquantaine, les femmes et les hommes connaissent un changement de vie dû aux effets du vieillissement sur les équilibres hormonaux et leurs conséquences sur les organismes. Si presque 100 % des femmes seront ménopausées, il est très difficile d’évaluer le pourcentage d’hommes touchés par l’andropause. Certains s’avancent et parlent de seulement 2 %.

Quelques similitudes

Si cette information prend place dans notre rubrique « sexualité » c’est que les femmes et les hommes connaissent dès le début de ces périodes une baisse de leur taux d’hormones sexuelles. Ainsi, les hommes andropausés, tout comme les femmes ménopausées, souffrent de bouffées de chaleur et peuvent constater un ralentissement du désir sexuel. Ce dernier est causé à la fois par les changements physiologiques mais aussi émotionnels. Tel un cercle vicieux, les individus enregistrent en plus un gain de poids, peuvent être irritables et entrer en dépression. Pour les deux sexes, les personnes voient leur risque d’ostéoporose et de maladies cardiovasculaires augmenter.
Autre similitude, ces symptômes communs sont très variables en intensité selon les individus.

De vraies différences

Première différence, l’étymologie ! Le mot ménopause signifie littéralement fin des menstruations, signe « visible » alors que pour l’andropause, l’homme ne connaît pas de fait très marquant et définitif en dehors des symptômes déjà décrits.
Autre différence importante, les hommes qui subissent l’andropause connaissent une baisse des taux d’hormones plutôt lent, cela peut prendre des décennies, en opposition à la chute rapide de ce taux pour les femmes ménopausées.

Par contraste, bien que tous les hommes connaissent une baisse de leur production de testostérone, ils n’ont pas tous une baisse suffisamment marquée pour causer des symptômes physiques.

En résumé, les hommes touchés par l’andropause pourront constater comme les femmes ménopausées :

  • une diminution du désir sexuel ;
  • de l’irritabilité et des sautes d’humeur ;
  • des bouffées de chaleur ;
  • une dépression ;
  • une augmentation du tissu graisseux ;
  • perte d’intensité osseuse.

Et plus spécifiquement :

  • des difficultés à obtenir une érection ou une réduction de la force des érections ;
  • une perte d’énergie ;
  • une perte de la force ou de la masse musculaire.

Côté traitements

Seule option proposée, l’apport de testostérone en vue de palier la baisse de ce taux hormonal. C’est une solution proposée sur les conseils et la surveillance d’un médecin. En effet, si la remontée du taux de testostérone est bénéfique sur les symptômes constatés, cet apport peut avoir d’autres effets tels que :

  • l’aggravation de l’apnée du sommeil ;
  • l’augmentation de l’hémoglobine (une substance qui véhicule l’oxygène dans le sang), à des niveaux qui peuvent être dangereux ;
  • l’augmentation du risque de développer des problèmes de foie ;
  • l’augmentation du risque de développer certains types de cancer (cancer de la prostate et du sein).

Dans tous les cas, dès 40 ans, il est important de questionner son médecin traitant pour surveiller l’apparition de l’andropause et ses conséquences.