Les fantasmes ! Toute une vie d’un imaginaire sexuel sur lequel chaque individu a plus ou moins d’emprise. Selon différentes enquêtes presque 95 % de la population, femmes et hommes confondus, ont des fantasmes sexuels. Terme facilement utilisé pour parler de pensées ou d’envies à caractère érotique d’intensité variable et dont les sujets s’étendent à l’infini. Pourtant connaissons-nous vraiment les mécanismes du fantasme, ses bénéfices ou ses contraintes ?

Conscient ou inconscient, le fantasme est une mise en scène comprenant le plus souvent deux personnes, voire plus, ayant une interaction, souvent d’ordre sexuel. Chacun de nous « fabrique » des fantasmes dont le contenu peut être récurrent. Le fait que votre cerveau « libère » ses informations est très bon signe quant à votre santé psychique. Cette mécanique complexe n’est pourtant systématiquement pas défectueuse quand ils restent bloqués, refoulés au cœur de votre inconscient. C’est en revanche plus problématique lorsqu’ils sont à l’origine de névroses.

Qu’est ce que c’est ?

Le fantasme est une production de l’imagination qui, en simplifiant les démonstrations psychanalytiques (Freud et Klein), aide l’individu à échapper à l’emprise de la réalité. C’est, une sorte de compromis, de négociation avec soi-même, entre réalité extérieure et intérieure, entre pulsions et interdits. Laissons de côté le fonds sur lequel la morale voire la loi peut avoir à redire, sur la seule activité psychique, il est juste de dire que le fantasme fait partie de la vie, en particulier la « vie sexuelle ». Votre imaginaire va construire une histoire qui a pour mission importante de vous faire accéder au désir puis au plaisir, sexuel la plus part du temps.

Il est couramment accepté de situer l’apparition des fantasmes à la période de l’adolescence. Période charnière durant laquelle chacun va entrer dans une dimension sexuée de la vie. Ils accompagnent les prémices de la sexualité notamment par la découverte de son propre plaisir par la masturbation. Certaines personnes affirment que leurs premiers fantasmes remontent à l’âge de 6 ans.
Ils seront, avec plus ou moins d’intensité selon les périodes et les individus, présents tout au long de votre vie.

Comment se manifeste-t-il ?

Le fantasme est tout terrain ! Il peut « débarquer » dans votre tête à tout moment même en dehors de toute situation érotique ou d’activité sexuelle.

Les fantasmes sont le plus souvent mis en jeu par des stimuli érotiques liés à 4 des 5 sens : vue, toucher, odorat et ouïe.
L’érotisme de l’homme est généralement plus visuel et celui de la femme plus tactile.

« Libérer » ses fantasmes, notamment au cours d’une activité sexuelle, permet d’augmenter le plaisir comme la jouissance au cours de l’acte. Ils viennent attiser l’excitation et guident vers l’orgasme. Très représentative de leur action, la masturbation est un bon exemple. Chez 75 % des individus, femmes et hommes, au cours de leur plaisir individuel, les fantasmes joueront les catalyseurs du plaisir.

Messieurs, armez-vous de courage, la réalité est parfois cruelle ! Vos partenaires féminines fantasment plus que vous pour pouvoir obtenir un orgasme. Elles n’hésitent pas à vous substituer alors, dans leurs fantasmes, une personne qu’elles ne connaissent pas.
Mais les hommes ne sont pas en reste ! Ils « invitent volontiers dans leurs fantasmes une personne connue dans leur entourage ou une personne connue du grand public.

Lutter contre l’érosion du désir

La fougue de la jeunesse ou la nouveauté d’une relation font que les protagonistes n’auront souvent pas besoin de faire appel aux fantasmes pour faire naître un désir ardent. Les couples plus anciens, donc les partenaires plus âgés, pourront compter sur eux pour faire repartir l’envie et l’excitation.

Dans des situations extrêmes telles que l’impuissance et l’anorgasmie, il est majoritairement constaté sur les sujets une absence de vie fantasmatique.

Quels fantasmes ?

Là encore les deux sexes n’ont pas les mêmes attentes ! Les fantasmes qui animent les hommes sont la sodomie et la fellation (Des rapports qui ont tendance à se généraliser mais qui font fantasmer près de la moitié des hommes !), le voyeurisme, l’exhibitionnisme, la sexualité de groupe, une expérience échangiste, le triolisme, une expérience homosexuelle et le sadomasochisme.

Ceux des femmes sont, pour la moitié d’entre elles, le remplacement du partenaire habituel, un rapport idyllique, un rapport imposé, les caresses bucco-génitales, l’exhibitionnisme, une expérience homosexuelle, une expérience échangiste, le triolisme, le masochisme et plus rarement le sadisme.

En revanche ce qui est commun aux femmes et aux hommes, c’est la gradation des fantasmes sur l’échelle du désir. En effet, les fantasmes ne seront pas identiques lors de la phase d’excitation, pendant l’acte sexuel, juste avant l’orgasme voire parfois juste après l’orgasme. Plus l’excitation est forte et violente, plus le fantasme est « agressif ».

Vivre ou vivre avec ?

Les fantasmes jouent donc un rôle essentiel dans le déclenchement du désir sexuel, de l’excitation sexuelle et de l’orgasme. Le manque de libido et d’intérêt sexuel, la difficulté pour obtenir un orgasme, chez les partenaires d’un couple constitué depuis plusieurs années, peuvent être traités par la réactivation de la vie fantasmatique : discuter de ses fantasmes, partager une littérature ou une filmographie érotique…

Dans un couple, sous réserve que chacun soit en accord, toutes les fantaisies érotiques sont permises. Il faut ainsi développer les capacités imaginatives des deux partenaires. Et parfois assouvir ses fantasmes.

Le fantasme est le moteur essentiel du désir et de l’excitation, il est considéré comme la cause et la conséquence d’une sexualité épanouie.