Les rayons du soleil sont dangereux pour la peau. Outre les vêtements, les parasols ou les ombrages naturels de la végétation, il existe des produits solaires qui offrent différentes protections. Depuis bientôt un siècle, les laboratoires de cosmétologie ont développé des crèmes, gels et autres huiles pour « gérer » l’exposition au soleil. Mais que sont réellement ces produits ? Comment bien les utiliser ?

 

Une protection efficace doit bloquer aussi bien les rayons UVA que des rayons UVB : les UVB (et dans une moindre mesure les UVA) peuvent causer des coups de soleil et à terme causer des cancers de la peau, les UVA provoquent un vieillissement prématuré de la peau.

Pour atténuer les effets néfastes des rayons UV, il est possible de s’appliquer un produit solaire. Il est composé de filtres ultraviolets dans une base qui peut être une huile ou plus fréquemment une émulsion (crème ou lotion). Une émulsion aqueuse permet d’appliquer une plus grande épaisseur de produit sur la peau et n’est pas grasse au toucher.

La crème solaire contient généralement d’autres ingrédients : conservateurs, agents pour stabiliser l’émulsion, anti-radicaux libres (vitamine E ou vitamine C par exemple), épaississants, agents hydratants… La formulation tient compte du fait que le produit doit adhérer à la peau, résister à l’eau voire à la transpiration dans le cas de la pratique d’un sport.

 

Les deux familles de filtres ultraviolets (UV)

  • les filtres minéraux, des matériels opaques qui reflètent la lumière comme le talc, l’oxyde de zinc, le dioxyde de titane, le kaolin ;
  • les filtres chimiques, composés chimiques qui absorbent, dispersent et reflètent la lumière ultraviolette.

La plupart des produits solaires contiennent des filtres chimiques ou des filtres minéraux ou les deux.

  • Les filtres minéraux (les crèmes dites « bio ») sont propres pour l’environnement et hypoallergéniques. Ils étaient, au début de leur commercialisation, moins appréciés des utilisateurs car plus difficiles à étaler et plus visibles. Depuis une correction a été réalisée en utilisant des nanoparticules, dont les effets sur l’environnement et la santé restent cependant à évaluer ;
  • Les filtres chimiques sont plus faciles d’usage mais ils polluent l’eau, sont difficiles à éliminer, même par les stations d’épuration, et peuvent s’avérer dangereux s’ils sont ingérés par l’homme. Les effets négatifs avancés par des scientifiques seraient que ces filtres agiraient comme des perturbateurs endocriniens.

 

Comment choisir sa protection ?

Si une exposition solaire prolongée est nécessaire, ou choisie, il faut appliquer un produit adapté en particulier bien choisir l’indice de protection. L’idéal est de prendre le temps, une vingtaine de minutes avant l’exposition, de « crémer » les parties du corps exposées aux rayons solaires. Les recommandations sont, pour que la protection solaire soit optimale, d’appliquer 2 mg de crème solaire par cm2 de peau. L’efficacité de la crème diminue sous l’action du soleil, le mouvement, l’eau, la transpiration… Il est ainsi nécessaire de renouveler régulièrement l’application.

Pour les personnes qui le souhaitent, les fabricants proposent des filtres solaires teintés jouant le jeu de la protection et un rôle de fond de teint. Le marché des filtres anti-UV s’est également tourné vers des produits capillaires et des sticks pour les lèvres.

 

Quel indice ?

L’indice de protection (IP) d’un produit solaire est une mesure de son efficacité notamment dans la durée de la protection. L’indice de protection juge le pouvoir protecteur d’un produit contre les coups de soleil. Il concerne donc principalement la protection anti-UVB. L’IP est parfois noté « FPS » (facteur de protection solaire) ou encore « SPF » (sun protection factor).

Afin de faciliter l’usage des produits, une norme internationale a été adoptée par l’ensemble des pays. Il est déterminé par des tests standardisés. L’indice de protection est aussi le rapport entre la dose d’UV nécessaire pour obtenir un coup de soleil avec et sans la crème solaire. Donc plus l’indice est élevé, meilleure est la protection, contre le coup de soleil. Mais il ne faut pas perdre de vue que toutes les personnes ne sont pas égales au regard des risques, il existe six phototypes. Les peaux claires ont besoin d’une protection plus élevée contre les UV que les peaux mates.

L’indice de protection IP ne fournit qu’une information partielle sur la protection contre les UVA. Toutefois, des crèmes solaires à SPF très élevé ne peuvent être obtenues qu’en atténuant aussi le rayonnement UVA. En effet, ces derniers ne causent des coups de soleil que pour des doses très fortes. Cependant, ils entraîneraient davantage de dégâts à long terme que les UVB. Certaines crèmes donnent quand même un indice UVA, mais les méthodes utilisées étant différentes, ne permettent pas nécessairement d’effectuer de comparaisons entre des marques différentes.

L’indice de protection permet au consommateur de choisir un produit solaire adapté, en fonction de son type de peau, de son exposition et des conditions météorologiques (plage, montagne, soin quotidien…). Certains produits n’ont pas d’IP affiché sur le flacon (= un IP de 1), ils ne revendiquent donc pas de protection solaire. C’est le cas de la plupart des autobronzants, du monoï classique et des huiles « bronzantes ».

 

Les limites de la protection

Les crèmes solaires protègent contre les UVB et commencent à filtrer également des UVA. Mais elles ont un effet pervers : les personnes qui utilisent des crèmes solaires se croient protégées du soleil et ont tendance à s’exposer plus longtemps au soleil. De même, les crèmes solaires ne sont pas destinées aux bébés, ni aux personnes âgées, qui ont une peau plus fragile et ne doivent pas être exposés au soleil.

Les produits solaires sont utiles mais doivent être associés à des mesures de prudence : le port de vêtements, de lunettes de soleil et d’un chapeau, la non-exposition au soleil entre 12 heures et 16 heures en France l’été (car le rayonnement UVB est à son maximum d’intensité) et la limitation de la durée de l’exposition.

 

Réglementation

En Europe et au Japon, les produits solaires sont considérés comme des cosmétiques, alors qu’en Australie, au Canada et aux États-Unis ils sont classés comme des médicaments.

Le terme « écran total » est interdit en Europe depuis 2006 pour les crèmes solaires, car aucune d’entre elles, même à haut indice de protection, ne peut bloquer 100 % des UV.

 

Enjeu écologique

Les filtres chimiques polluent gravement l’eau et sont difficiles à être éliminés par les stations d’épuration, tandis que les filtres minéraux sont biodégradables. Sur les côtes, l’utilisation de la crème solaire est l’une des causes importantes responsables du blanchiment et de la mort des coraux. En se déposant sur le corail, la crème forme une pellicule qui étouffe cet organisme vivant.

 

Un peu d’histoire

Depuis l’apparition de l’espèce humaine, les hommes ont essayé de se protéger contre le soleil. Par exemple, en Egypte ancienne et en Asie, il y a plusieurs millénaires, le coton était utilisé pour se protéger des rayons lumineux. Les femmes portaient des sari et les hommes des toges. Ils protégeaient leurs têtes avec des turbans et des chapeaux à larges bords, les Touaregs en Afrique du Nord se couvraient le visage d’un voile bleu, dans l’ancienne Egypte, en Mésopotamie, en Chine et en Inde, les hommes utilisaient des ombrelles.

Celsus, un savant de l’Antiquité, surnommé l’Hippocrate latin, recommandait de se couvrir la tête et de se frotter la peau avec du pétrole. Les Tibétains ont utilisé comme crème solaire, une combinaison de goudrons et d’herbes. Les Indiens, eux, décoraient leur peau avec un mélange d’extraits de plantes pour faire écran au soleil.

En France, Eugène Schueller, fondateur de L’Oréal, met au point la première protection solaire en 1935. Agacé d’attraper des coups de soleil lorsqu’il navigue sur son voilier, l’industriel confie à son laboratoire de cosmétiques la mission de créer une crème pour y remédier. L’« Ambre solaire » est commercialisée en 1936 et connaît un succès immédiat en cette année des premiers congés payés. En 1927, le couturier Jean Patou avait déjà lancé un produit solaire, l’Huile de Chaldée, mais qui agissait plus comme parfum que comme protecteur. Quelques années plus tard, en 1957, ce sont les laboratoires ROC qui créent le premier écran solaire à très haute protection (IP 50+).