Chaque année en France, comme dans tous les pays européens, nous vivons une épidémie hivernale de gastro-entérites aiguës virales (GEA). Les données du réseau « Sentinelles » permettent d’estimer que, chaque hiver ces GEA sont à l’origine de 700 000 à 3,7 millions de consultations en médecine générale. L’augmentation du nombre de consultations pour GEA s’observe habituellement entre décembre et janvier avec un pic, le plus souvent au cours des deux premières semaines de janvier. Ces épidémies durent en moyenne 7,5 semaines.

Etiologie

Les GEA hivernales sont surtout d’origine virale. Elles se manifestent, après une période d’incubation variant de 24 à 72 heures, par de la diarrhée et des vomissements qui peuvent s’accompagner de nausées, de douleurs abdominales et parfois de fièvre. La durée de la maladie est généralement brève, de l’ordre de quelques jours. La principale complication est la déshydratation aiguë qui survient le plus souvent aux âges extrêmes de la vie.

Modes de transmission

La transmission interhumaine est le mode principal de transmission des GEA hivernales. De nombreuses épidémies par transmission de personne à personne ont été rapportées dans des hôpitaux, des services de long séjour et des maisons de retraite, et également en centres de séjour de vacances comme des hôtels et des croisières. La transmission par les mains du personnel joue alors un rôle important, de même qu’une contamination persistante de l’environnement en particulier. Ces virus, en particulier les norovirus, peuvent être transmis par voie alimentaire par ingestion d’eau ou d’aliments, consommés crus ou peu cuits. Ces aliments  sont contaminés soit à la production par contact avec des eaux souillées par des déjections soit contaminés secondairement lors de la manipulation par une personne porteuse du virus. La transmission des virus par voie alimentaire ou hydrique peut être à l’origine d’importantes épidémies.

Mortalité

Le Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDC) de l’Inserm dénombre chaque année autour de 600 décès avec une infection intestinale comme cause initiale du décès. Ainsi, en 1999, 34 décès pour maladies infectieuses intestinales (cause initiale) ont été répertoriés par le CépiDC chez les enfants de moins de 5 ans et 322 chez les personnes âgées de plus de 75 ans. Ces chiffres correspondent à des estimations basses du nombre de décès par GEA. Il faut en effet ajouter certains des décès classés comme arrêt cardiaque, choc sans mention de traumatismes, troubles gastro-intestinaux sans autres mentions, problèmes alimentaires.

Prévention

Hygiène des mains et des surfaces

Les modes de transmission par la salive et les selles des virus conditionnent les mesures de prévention des gastro-entérites virales basées sur l’application de mesures d’hygiène. Les mains constituent le vecteur le plus important de la transmission et nécessitent de ce fait un nettoyage au savon soigneux et fréquent. De même, certains virus (rotavirus et norovirus) étant très résistants dans l’environnement et présents sur les surfaces, celles-ci doivent être nettoyées soigneusement et régulièrement dans les lieux à risque élevé de transmission comme les institutions accueillant les personnes âgées mais également votre logement !

Lors de la préparation des repas

L’application de mesures d’hygiènes strictes, en particulier le lavage soigneux des mains, avant la préparation des aliments, à la maison comme en collectivités. Il va de soit, un lavage plus que soigneux à la sortie des toilettes pour les malades et leur entourage. Le bon sens veut que les personnels malades doivent éviter de cuisiner pour autrui comme pour eux, si possible.

Les solutés de réhydratation

Pour les personnes âgées, voire très âgées, et pour les personnes fragiles, la meilleure prévention des complications de la diarrhée aiguë est la réhydratation précoce à l’aide des solutés de réhydratation orale (SRO) quand elles ne peuvent boire régulièrement ou si elles vomissent toute boisson.