Une plus grande forme avec une petite gélule, c’est la promesse que les groupes alimentaires et pharmaceutiques vendent à grands coups de marketing et de publicité. Différentes questions s’imposent : qui a réellement besoin de compléments en vitamines, oméga 3 et autres sels minéraux ? Peut-on seul évaluer nos besoins pour les articulations, la circulation sanguine, les boosters de mémoire, les produis d’accompagnement à la ménopause ? Ces produits sont-ils réellement efficaces ? Y a-t-il un risque ? Ils sont de plus en plus décriés par les spécialistes santé.

Inutiles

La sentence semble lourde et mérite d’être décryptée. Les compléments alimentaires sont très souvent inutiles car la majorité de la population des pays développés à accès à une alimentation équilibrée et reçoit ainsi les doses requises quotidiennement de ce que l’on peut, de façon générique, appeler les compléments alimentaires.
Un exemple frappant tient dans l’idée, lors d’un régime, de vouloir compléter des estimées carences par de nombreuses vitamines et autres sels minéraux. Sauf diagnostique spécifique d’un médecin, un régime nécessaire pour cause de surpoids veut bien dire que vous êtes en excès de tout ! Y compris de vitamines et tout autre produit !
Comme toujours, l’automédication a ses limites. Pourquoi prendre de son propre chef des comprimés « miracles » sans savoir si l’auto-diagnostique est correct et le traitement adapté et bien dosé ?
Pour les oméga 3, c’est à dire les acides gras polyinsaturés, leur efficacité est remise en cause par une étude de chercheurs grecs réalisée sur quelque 70 000 personnes. Consommés « naturellement » dans le poisson notamment, ils ont une action sur la prévention des maladies cardio-vasculaires. La vingtaine d’études conclue qu’a contrario les apports sous forme « d’alicaments » n’ont absolument pas les mêmes effets !

Dangereux

Aborder les risques est un point important. En effet, une étude Nutrinet-Santé de février 2012 rapporte que, en France, 28 % des femmes en consomment et 15 % des hommes. Tendance en hausse qui plus est. Ce sont donc des millions de personnes qui vont, très souvent en automédication, décider de prendre des compléments de vitamines, de sels minéraux, d’acides gras oméga 3 et 6, des extraits de plantes et thés spéciaux ou de calcium. Le surdosage peut être dangereux. Beaucoup de personnes, choisissant la prise de compléments, oublient que l’industrie agroalimentaire s’est engouffrée dans la brèche et propose déjà sur les linéaires des grandes surfaces des produits « enrichis » en vitamines et minéraux !

S’ils paraissent inoffensifs, en surdose, ils peuvent même être mortels ! Evidemment, on ne parle pas ici de millions de morts. Mais pourquoi prendre un risque, surtout s’il est inutile ?
Le risque vient également des adjuvants (produits utilisés pour fabriquer la gélule, le cachet qui contient les produits dits actifs). Ils sont parfois la cause d’effets secondaires qui vont de la simple gène jusqu’à des réactions allergiques graves.
Enfin, les symptômes de fatigue extrême ne doivent pas être pris à la légère et « traités » seulement par des multivitamines, au risque de passer à côté d’un problème plus important.

Votre médecin est là pour vous conseiller.
Comme pour l’ensemble des produits que l’on peut qualifier de médicaments, il est logique et prudent d’échanger avec un professionnel de santé pour définir vos besoins.

Trop chers

Point non négligeable, le prix de ces produits est parfois vertigineux. Vous qui avez l’habitude de regarder le prix au kilo de votre filet de bœuf ou de vos légumes, regardez sur l’étiquette, en magasin, le prix au kilo de vos compléments alimentaires ! C’est d’autant plus cher que l’efficacité reste à prouver.

Pour les seniors

L’alimentation varie avec l’âge. Pour des seniors, femmes et hommes, qui aurait une alimentation peu variée ou faible en quantité, il serait peut être nécessaire de faire un bilan des carences aux regards des différents besoins liés à l’âge de la personne. C’est auprès d’un médecin que les recommandations peuvent être prises.

De vrais médicaments ? Non mais…

Toutes les remarques ci-dessus ne sont pas à prendre en compte dans le cas d’un traitement « médical » délivré par un médecin. Si le diagnostic de carence ou de faiblesse est fait par un professionnel de santé, que la dose nécessaire pour palier les problèmes est établie et les compléments conseillés ou prescrits, la personne peut en toute confiance prendre des compléments alimentaires. Le médecin est également là pour prévenir des possibles effets secondaires.