Qu’est-ce qu’un cancer du testicule ?

Un cancer du testicule est une maladie des cellules du testicule. Une cellule initialement normale se transforme et se multiplie de façon anarchique pour former une masse, appelée tumeur maligne. Avec le temps et si aucun traitement n’est effectué, la tumeur s’étend. Des cellules cancéreuses peuvent s’en détacher et migrer vers des ganglions ou vers d’autres organes, où elles forment de nouvelles tumeurs, appelées métastases.

Le cancer du testicule se développe le plus souvent à partir des cellules germinales (cellules qui forment les spermatozoïdes). En fonction du type de cellule germinale impliquée, on distingue les tumeurs séminomateuses et les tumeurs non séminomateuses, qui nécessitent des traitements et un suivi différents.

Les principaux facteurs, susceptibles d’augmenter le risque de cancer du testicule, sont l’existence d’un antécédent de cryptorchidie (testicule non descendu dans les bourses) ou d’une tumeur sur l’autre testicule. D’autres circonstances sont parfois associées à ce cancer, sans que le lien de causalité soit établi : atrophie du testicule (diminution du volume du testicule) ou moindre fertilité.

On estime à 2 200 le nombre de nouveaux cas par an en France. C’est le plus fréquent des cancers du jeune adulte entre 15 et 34 ans. Tous stades confondus, on en guérit dans 95 % des cas. 

Comment est fait le diagnostic ?

Le bilan comprend un examen clinique, une échographie des deux testicules et le dosage par prise de sang de marqueurs tumoraux : AFP, HCG et LDH.

Le diagnostic du cancer du testicule est confirmé par l’examen anatomopathologique du testicule, retiré au cours d’une intervention chirurgicale, qui constitue également le traitement principal de la maladie.

Un scanner thoraco-abdomino-pelvien est ensuite réalisé pour évaluer l’extension de la tumeur. Selon les besoins, d’autres examens peuvent être prescrits.

Ces examens permettent de vous proposer un traitement adapté à votre situation, selon le type de cancer (tumeur séminomateuse ou non séminomateuse), l’extension de la maladie (son stade), votre état de santé général et les éventuelles contre-indications aux traitements.

Comment est fait le choix de vos traitements ?

Le choix ne repose pas sur l’avis d’un seul médecin. Des médecins de spécialités différentes se réunissent, compte tenu de votre situation et en s’appuyant sur des référentiels de bonne pratique, ils élaborent une proposition de traitement.

Les traitements du cancer du testicule

 À quoi servent les traitements proposés ?

Selon les cas, les traitements proposés ont pour buts :

  • de guérir du cancer en cherchant à détruire la tumeur et les autres cellules cancéreuses éventuellement présentes dans le corps ;
  • de contenir l’évolution de la maladie si elle ne peut pas être éliminée ;
  • de traiter les symptômes, afin de vous assurer la meilleure qualité de vie possible.

Avant les traitements

Il est systématiquement conseillé de faire une conservation de sperme avant les traitements en raison de leurs conséquences possibles sur la fertilité : ils peuvent diminuer la production des spermatozoïdes ou altérer leur qualité.

Quels sont les traitements disponibles ?

Le traitement repose avant tout sur une intervention chirurgicale appelée orchidectomie, qui consiste à enlever la totalité du testicule atteint. L’opération est faite par une incision au niveau de l’aine. Après cette intervention, la fonction sexuelle reste intacte.

En cas de souhait de reconstruction, une prothèse peut être mise en place lors de l’orchidectomie ou plus tard.

Selon les résultats de l’examen anatomo-pathologique du testicule enlevé, il vous est ensuite proposé soit une surveillance, soit un traitement complémentaire : chimiothérapie, radiothérapie, intervention chirurgicale pour enlever des ganglions lymphatiques.

Une contraception est nécessaire pendant la chimiothérapie et jusqu’à un an après la fin du traitement, afin d’éviter une grossesse chez votre partenaire, en raison du risque de malformation du foetus.

Les effets indésirables diffèrent en fonction des traitements. Ils vous sont expliqués par le médecin qui vous suit et qui s’assure de leur prise en charge. Il est important que vous les signaliez à l’équipe soignante.

Les soins de support

D’autres soins et soutiens complémentaires peuvent être mis en oeuvre pour faire face aux conséquences de la maladie et de ses traitements : douleur, besoin de soutien psychologique, problèmes sociaux, etc.

Ces soins, appelés « Soins de support », sont assurés par différents professionnels : médecin spécialiste de la douleur, psychologue, assistante sociale, etc. Ils exercent, selon les cas, au sein d’un établissement de santé (hospitalisation traditionnelle ou à domicile), en consultation de ville, dans le cadre d’un réseau de santé, d’une association de patients ou autres. 

Le suivi du cancer du testicule après les traitements 

Pourquoi un suivi ?

Un suivi vous est proposé pour :

  • détecter et traiter d’éventuels effets indésirables tardifs ;
  • détecter le plus tôt possible les signes d’une éventuelle récidive ou d’un second cancer (risque de cancer de l’autre testicule dans 2 % des cas) ;
  • vous accompagner, afin de vous aider à retrouver si besoin un équilibre psychologique, relationnel et professionnel.

En quoi consiste le suivi ?

Le suivi dépend de votre type de cancer, du stade auquel il a été diagnostiqué et des traitements que vous avez reçus.

Il peut être assuré par votre médecin traitant, en alternance, les premières années, avec l’équipe spécialisée en charge des traitements.

Il repose sur des consultations médicales et la réalisation d’examens complémentaires : échographie des testicules, scanner thoraco-abdomino- pelvien et dosages des marqueurs alpha-foetoprotéine, HCG et LDH.

A titre indicatif, le rythme de réalisation de ces examens peut être le suivant :

  • Examen clinique, échographie des testicules, marqueurs tumoraux ;

– tous les 3-4 mois les 1re et 2e années,

– tous les 6 mois les 3e, 4e, et 5e années,

– tous les ans ensuite jusqu’à la 10e année.

  • Scanner thoraco-abdomino-pelvien

– tous les 6 à 12 mois selon les cas, le plus souvent jusqu’à la 10e année.

Le médecin adapte ce rythme à votre situation. Il vous indique également les signes qui doivent vous amener à consulter en dehors des rendez-vous programmés.
Ce suivi du cancer s’inscrit dans un suivi médical global incluant, si besoin, la prise en charge d’une infertilité ou d’un hypo-gonadisme.

Le cas échéant, l’arrêt du tabac et la lutte contre l’obésité sont fortement recommandés, afin de limiter le risque de développer des effets indésirables tardifs, comme des troubles cardio-vasculaires par exemple.