Qui est concerné ?

En France, environ 8 000 nouveaux cas de cancer du pancréas sont diagnostiqués chaque année, occasionnant un peu plus de 7 000 décès tous les ans. Le cancer du pancréas est un peu plus fréquent chez les hommes. L’âge moyen des patients au moment du diagnostic est de 75 ans chez les hommes et de 80 ans chez les femmes.

Certains facteurs de risque de cancer du pancréas ont été identifiés :

  • l’âge : la quasi-totalité des cancers du pancréas sont observés chez des personnes de plus de 65 ans ;
  • une prédisposition familiale (dans 5 à 10 % des cas) : le risque de cancer du pancréas est plus élevé chez les personnes souffrant ou qui ont un parent souffrant :

– d’inflammation chronique du pancréas (pancréatite chronique) due par exemple à l’alcoolisme chronique ou à la mucoviscidose ;
– de cancer colorectal ou de cancer du sein dans leur forme héréditaire (présence de mutation du gène BRCA2) ;
– de syndrome de Peutz-Jeghers (une maladie génétique qui provoque la formation de polypes au niveau de l’intestin et de taches foncées sur la peau) ;
– de syndrome du nævus dysplasique (une maladie génétique qui prédispose à avoir de nombreux grains de beauté anormaux et à développer un mélanome).

  •  le diabète : cette maladie pourrait augmenter le risque de souffrir d’un cancer du pancréas ;
  • le tabagisme qui multiplie par 2,7 le risque de développer un cancer du pancréas ;
  • l’obésité a, quant à elle, été évoquée, mais sans confirmation formelle.

Symptômes

Le cancer du pancréas est une « maladie silencieuse » dont les premiers symptômes sont le plus souvent anodins et non spécifiques. De là un diagnostic tardif, qui rend plus difficile le traitement.
Lorsque le cancer est déjà développé, les signes les plus manifestes sont :

  • la coloration jaune de la peau (ictère), par l’obstruction de la voie biliaire, avec démangeaisons cutanées, urines foncées, selles décolorées ;
  • des douleurs abdominales, intenses, irradiant dans le dos ;
  • une perte d’appétit, avec amaigrissement rapide ;
  • le développement d’une phlébite.

Selon la localisation exacte du cancer (tête, corps ou queue du pancréas, cellules des îlots de Langherans), d’autres symptômes apparaissent :

  • vomissements ;
  • blocage du transit intestinal ;
  • diarrhées chroniques ;
  • diabète ;
  • hypoglycémies (chutes du taux de sucre dans le sang) ;
  • ulcères digestifs ;
  • inflammation des voies biliaires (angiocholite)…

Traitements

Pour traiter un cancer pancréatique, on peut avoir recours à la chirurgie, à la chimiothérapie et à la radiothérapie.

Chaque cas est particulier et le plan de traitement dépendra de l’état de santé général du patient, du stade du cancer et de la possibilité d’enlever le cancer par des méthodes chirurgicales.

L’ablation chirurgicale est habituellement le traitement de premier choix.
Il y a trois chirurgies principales, répondant à différents cas de figure d’un cancer du pancréas :

  • si la tumeur se trouve dans la tête du pancréas (la partie la plus large) le choix se portera sur une opération dite de Whipple. La tête du pancréas et une partie du petit intestin, du canal biliaire et de l’estomac sont retirés ;
  • si la tumeur est située dans le corps ou la queue du pancréas l’une ou l’autre de ces régions est retirée, on parle airs d’une pancréatectomie discale. On enlève également la rate ;
  • enfin,  la pancréatectomie totale est pratiquée si le cancer du pancréas est très étendu. Il s’agit alors d’enlever tout le pancréas, une partie du petit intestin, une partie de l’estomac, le canal cholédoque, la vésicule biliaire, la rate et les ganglions lymphatiques avoisinants.

Certaines interventions chirurgicales sont effectuées pour atténuer les symptômes lorsqu’on ne peut complètement retirer le cancer pancréatique. On peut placer un conduit métallique ou une endoprothèse dans le canal biliaire pour empêcher ou réduire une obstruction. Certaines interventions de pontage peuvent être utiles lorsque le canal biliaire ou l’estomac sont bloqués.

Après la chirurgie, il est parfois recommandé de pratiquer de la chimiothérapie (traitement avec des médicaments servant à tuer les cellules cancéreuses) ou de la radiothérapie (radiations à grande énergie qui tuent les cellules cancéreuses). Ces traitements s’utilisent aussi dans les cas où la chirurgie n’est pas possible à cause de la localisation du cancer.

Si la guérison ou la maîtrise de l’affection n’est pas possible, le traitement sera axé sur l’amélioration de la qualité de vie par la maîtrise de la douleur et des autres problèmes et symptômes causés par l’affection.