On dénombre 6 000 nouveaux cas de cancers du foie en France chaque année, dont près de 80 % concernent des hommes.

Qui est concerné ?

Dans 90% des cas, le cancer du foie, ou carcinome hépatocellulaire, se développe chez une personne souffrant de cirrhose. Cette maladie chronique peut  être due à plusieurs facteurs.

  • En premier lieu, l’alcoolisme, qui représente à lui seul plus de la moitié des cas de cirrhose ;
  • ensuite viennent les hépatites chronique B et C (l’hépatite C touche 1 % de la population) ;
  • puis, désormais, de plus en plus fréquemment, les syndromes métaboliques associant obésité et diabète de type II. Une personne présentant un foie cirrhotique voit ses risques de développer un cancer du foie augmenter chaque année de 2 % à 5 %.

Symptômes

Plusieurs symptômes, parfois mineurs et communs à de nombreuses maladies, peuvent conduire à la découverte d’un cancer du foie.

  • douleurs abdominales ;
  • fièvre ;
  • augmentation du volume abdominal ;
  • amaigrissement, altération de l’état général, fatigue ;
  • vomissements ;
  • ictère (jaunisse) ;
  • présence de liquide dans la cavité abdominale (ascite)…

Il est également possible qu’un cancer sans symptôme évident soit diagnostiqué par hasard :

  • lors d’une échographie effectuée dans le cadre d’un autre bilan ;
  • lors de la surveillance d’une cirrhose ;
  • lors du bilan d’un autre cancer.

Traitements

Pour combattre le cancer du foie, comme la plupart des cancers, on dispose de 3 formes de traitement : la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie. Les traitements peuvent être donnés séparément ou en combinaison.

  • Dans le cas d’un cancer localisé résécable (opération qui consiste à l’ablation de tumeur et de tissus), le traitement est habituellement la chirurgie. On enlève alors la tumeur et peut-être certains tissus avoisinants. Le foie est un organe unique en son genre, qui peut régénérer ses cellules et continuer à fonctionner comme avant. Les médecins peuvent offrir des traitements de chimiothérapie après l’intervention chirurgicale pour tuer les cellules cancéreuses qui pourraient subsister.
  • Les ablations rentrent aussi dans cette catégorie. Ces opérations consistent à détruire les cellules cancéreuses au moyen de la cryochirurgie ou de l’alcoolisation (ablation à l’éthanol). Dans la cryochirurgie, le chirurgien utilise une sonde en métal (cryosonde) pour geler les cellules cancéreuses. Il pratique une petite incision et introduit la cryosonde à la pointe de laquelle circule de l’azote liquide qui permet de geler les cellules ciblées. Dans l’alcoolisation, le chirurgien injecte de l’alcool directement dans la tumeur, soit à travers la peau, soit au cours d’une opération.
  • La résection complète du foie est impossible en raison de son rôle essentiel. Autrefois, on ne pouvait envisager une greffe du foie pour les personnes atteintes de cancer du foie. A l’heure actuelle cependant, les chirurgiens découvrent que certaines personnes dont le cancer est encore à ses débuts peuvent bénéficier d’une greffe du foie. Après une greffe réussie et des soins médicaux appropriés, le receveur peut continuer à vivre une vie normale en bonne santé.
  • Dans le cas d’un cancer localisé non résécable, la localisation de la tumeur ne permet pas une résection chirurgicale. La tumeur peut se trouver dans une région très délicate du foie ou elle a envahi une importante partie de l’organe. Les options thérapeutiques sont alors la cryochirurgie, la chimiothérapie, la thérapie ciblée (utilisation de médicament pour réduire l’approvisionnement en sang de la tumeur et bloquer la croissance et la propagation de la tumeur), la greffe hépatique, la radiothérapie, l’ablation par radiofréquence ou l’injection d’alcool directement dans la tumeur.
  • En chimiothérapie, on a recours à des médicaments pour tuer les cellules cancéreuses. Les médicaments sont habituellement administrés dans une veine, mais certains d’eux sont maintenant disponibles en comprimés à prendre par voie orale. Dans le cadre du cancer du foie, on se heurte à un obstacle : de nombreux médicaments sont métabolisés (décomposés) par le foie, de sorte que les options sont ainsi plutôt limitées.
  • La perfusion de l’artère hépatique, une autre forme de chimiothérapie, permet d’administrer les médicaments directement au foie. On installe sous la peau une petite pompe qui achemine les médicaments directement à l’artère hépatique. Ce type de traitement réduit les effets secondaires, car les médicaments sont libérés de manière plus ciblée et leur effet n’est pas ressenti par tout l’organisme. Les recherches n’ont pas montré que ce traitement améliore l’issue de la maladie, mais il semble améliorer la qualité de vie des personnes atteintes d’un cancer du foie.
  • La chimioembolisation peut être envisagée en présence d’une tumeur non résécable. On injecte des substances chimiothérapeutiques dans les vaisseaux sanguins qui nourrissent les tumeurs, afin de les bloquer. Les cellules cancéreuses meurent, faute d’approvisionnement.
  • La radiothérapie est un traitement externe qui consiste à diriger des rayons X directement sur les tumeurs pour détruire les cellules cancéreuses et réduire le volume des tumeurs. Dans certains cas, la radiothérapie est administrée avant la chirurgie afin de réduire le volume des tumeurs et en faciliter la résection. On n’utilise pas très souvent la radiothérapie dans le traitement du cancer du foie, car les tumeurs ont tendance à ne pas y répondre et le foie lui-même est très sensible aux effets du traitement.

Le traitement du cancer du foie récurrent dépend de ce qui a été fait antérieurement et du stade du cancer.

On ne peut pas prévenir le cancer du foie, mais une bonne compréhension des facteurs de risque permettrait de le découvrir dès les premiers stades. Les personnes présentant un risque élevé, comme celles qui sont atteintes d’hépatite ou de cirrhose, devraient se soumettre à un dépistage périodique à l’aide d’échographies ou d’analyses sanguines. Ces examens révèlent le taux des enzymes hépatiques qui renseignent les médecins sur le fonctionnement du foie.