Qui est concerné ?

Il ne serait pas juste de dire que tout un chacun est concerné. Seules les personnes, femmes et hommes, de tous âges, ayant ingéré des aliments dont la préparation n’aurait pas éliminé les bactéries ou leurs spores peuvent être atteintes.

Les aliments les plus fréquemment mis en cause sont des salaisons, charcuteries et conserves d’origine familiale ou artisanale.
Le botulisme humain est une maladie grave et potentiellement fatale, mais néanmoins, rare.
C’est une intoxication provoquée par l’ingestion de neurotoxines puissantes, libérées par les bactéries et leurs spores présentes dans des aliments contaminés.
En revanche, le botulisme ne se transmet pas d’un individu à un autre.

Cette maladie est inscrite sur la liste des maladies à déclaration obligatoire. Déclaration faite auprès de l’Agence régionale de santé. Ce dispositif de surveillance, garantissant l’anonymat des personnes, repose sur la transmission de données par les médecins et les biologistes, libéraux et hospitaliers, les médecins inspecteurs de santé publique (MISP) et leurs collaborateurs des Directions départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS) comme par les épidémiologistes de l’Institut de veille sanitaire (InVS). Elle fait partie des 31 maladies à déclaration obligatoire telles que la peste, le tétanos, la suspicion de Creutzfeld-Jacob, la tuberculose…

La bactérie, Clostridium botulinum, produit des spores résistantes à la chaleur et largement présentes dans l’environnement. En l’absence d’oxygène, ces spores germent, se développent et excrètent des toxines. Il existe sept formes de toxines botuliques distinctes, les types A à G. Quatre de ces formes (les types A, B, E et rarement F) peuvent provoquer le botulisme humain. Les types C, D et E sont à l’origine de maladies chez d’autres mammifères, les oiseaux et les poissons.

 

Symptômes

Les premiers symptômes ressentis sont une fatigue marquée, une faiblesse et des vertiges. Ils sont habituellement suivis de troubles de la vision, d’une sensation de bouche sèche et de difficultés de déglutition et d’élocution. Des vomissements, des diarrhées ou de la constipation, et un gonflement abdominal, peuvent aussi se manifester. La maladie peut évoluer en donnant une sensation de faiblesse dans la nuque et les bras, après quoi les muscles respiratoires et les muscles de la partie inférieure du corps sont touchés. La paralysie peut rendre la respiration difficile. Il n’y a ni fièvre, ni perte de conscience.

Les symptômes ne sont pas provoqués par la bactérie elle-même, mais par la toxine qu’elle produit. Ils apparaissent habituellement en l’espace de 12 à 36 heures (et durent de quatre heures à huit jours) après l’exposition. L’incidence du botulisme est faible, mais le taux de mortalité associé est élevé en l’absence d’un diagnostic rapide et correct et d’un traitement immédiat (administration précoce d’une antitoxine et de soins respiratoires intensifs). La maladie peut être fatale dans 5 à 10 % des cas.

 

Traitements

Avant le traitement, il faut s’assurer du bon diagnostic. Les médecins s’appuient pour cela sur les antécédents du patient et sur un examen clinique, suivi de la confirmation en laboratoire. Elle permet la mise en évidence de la toxine botulique dans le sérum, les selles ou les aliments, ou la mise en culture de Clostridium botulinum à partir des selles, des tissus d’une plaie ou des aliments.
Au départ, des erreurs de diagnostic sont parfois commises à propos du botulisme qui est souvent confondu avec un AVC, un syndrome de Guillain-Barré ou une myasthénie grave.

Le traitement est une antitoxine. Il devra être administré aussitôt que possible après la confirmation par le diagnostic clinique. Une administration précoce permet de réduire efficacement les taux de mortalité. Les cas de botulisme sévères nécessitent un traitement de soutien, et en particulier une ventilation mécanique (aide respiratoire), parfois sur des longues périodes. Les antibiotiques ne sont pas nécessaires (excepté dans le cas du botulisme par blessure).
Il existe un vaccin contre le botulisme, mais il est rarement utilisé car son efficacité n’a pas été pleinement évaluée et il présente des effets indésirables prouvés.